Le mouv' étudiant écologiste, social et solidaire !

Notre vision et nos valeurs

Le mouvement Résilience se fonde sur un certain nombre de principes et de valeurs qui sont déclinés dans notre manifeste « L’injustice n’est jamais durable ! ».

Entre conditions d’études déplorables (précarité étudiante, classes surchargées à l’université, manque de financement pour la recherche), défaillances dans l’orientation post bac, nombreuses inégalités d’accès à l’enseignement supérieur, absence de l’enseignement transversal de l’écologie face à la survenance du défi environnemental à relever : la nécessité d’un changement de paradigme. Celui-ci doit bénéficier au plus grand nombre en mêlant écologie populaire et justice sociale. A l’heure de la concentration du profit entre un nombre d’acteurs réduits, tisser des liens indissociables entre écologie et social est impératif afin de garantir la survie du monde vivant. Nous défendons ainsi la justice sociale et climatique comme paradigme.

Partie I : Pour une société résiliente

Les concepts de développement durable ou de transition écologique sont obsolètes, récupérés par celles et ceux qui tentent de démocratiser le « capitalisme vert ». Nous souhaitons mettre en avant la notion de résilience, plus pratique et moins susceptible de détournements comme objectif de société : la capacité de survivre à des chocs internes et externes, de manière collective et individuelle, dans la durée.

Le respect des limites planétaires doit être une priorité absolue pour nos sociétés. Une attention particulière doit être portée au climat et à la biodiversité qui ont en eux-mêmes les conditions de la survie de l’humanité et de la résilience de nos sociétés.

Par principe, l’individu doit pouvoir évoluer dans un cadre collectif, choisi en pleine conscience, lui permettant de pouvoir s’épanouir, poursuivre ses aspirations et développer sa créativité sans limites. L’humanité possède des droits individuels, collectifs, politiques et sociaux inaliénables. Ceux-ci doivent être à la fois consolidés et étendus à d’autres thématiques comme l’environnement ou les nouvelles technologies.

L’économie doit être libératrice pour l’Homme et la société et non aliénatrice : il convient de la considérer comme ce qu’elle est (un outil au service de l’homme), et non comme une fin en soi.

Elle doit permettre d’assurer les nécessités matérielles des générations présentes, sans nuire à celle des générations futures, et ce pour assurer à l’individu de développer son plein potentiel. Par conséquent nous devons revoir profondément notre rapport à l’accumulation de richesses, au productivisme, au consumérisme et à la financiarisation à outrance.

 

Le « capitalisme vert » ou tout modèle de « financiarisation verte » ne peut en aucun cas constituer un projet de transformation sociale.

L’Etat doit pouvoir gérer les questions comme celle de la diplomatie, la sécurité, la législation, le cadre général de l’économie ou encore de mutualisation (retraites, sécurité sociale…). Toutes ces questions par nature ne peuvent être gérées par des intérêts privés. De plus l’État doit avoir une capacité d’impulsion majeure sur toutes les échelles géographiques et sur toutes les questions d’inégalités sociales, de transition écologique ou encore de discrimination. Cette intervention doit se faire aussi dans la construction de résiliences locales. Il faut re-territorialiser un certain nombre d’activités de production de biens et service (production énergétique, biens de consommation…). La concentration du pouvoir ne doit pas être arbitraire et excessive, mais décidée collectivement et modérée.

Organiser la solidarité écologique signifie repenser la solidarité actuelle en prenant en compte l’ensemble des vies concernées : générations actuelles et futures, peuples victimes du changement climatique, prise en compte de la biosphère dans son ensemble. Nous souhaitons voir apparaître comme moyen à cette solidarité, un droit fondamental et universel à la nature.

Le changement culturel doit s’opérer notamment en réduisant la concentration géographique humaine en re-développant le local comme échelle de vie principale, afin d’adopter un mode de vie sobre, en lien avec la nature.  La recherche perpétuelle du profit  individuel n’est une chose souhaitable : c’est un comportement malsain, anti-social et écocide que nous devons rejeter.

Le contact avec la technologie ne doit pas se faire au détriment de l’humanité et de la nature. Ainsi, la technologie et le progrès technique doit rester un moyen au service d’une fin et non une fin en soi. Toutes les questions de génétique et de transhumanisme doivent être traitées avec vigilance et éthique. Le savoir doit être le plus largement diffusé et mutualisé.

Notre modèle énergétique basé sur une surexploitation des énergies fossiles doit être profondément revisité : la sobriété énergétique doit être l’objectif premier de nos politiques énergétiques.

En couplant une augmentation de la production d’énergies renouvelables avec des mesures de sobriété énergétique, la part du nucléaire et des énergies fossiles réduira considérablement.

  • Toute la chaîne, de la production à la consommation des produits devra être révisée de manière à assurer les débouchés pour ces productions. Il s’agira également d’encourager la culture de fruits et légumes adaptés aux évolutions du climat et aux saisons. Il en va de la sécurité alimentaire de nos territoires, de la préservation de la biodiversité et de la santé publique. 

Abolir les hiérarchies artificielles fomentées par certains à l’encontre d’autres groupes humains est essentiel à la création d’une société résiliente. Lutter contre toutes les oppressions est notre devoir : sexisme, LGBTIQphobies, validisme, racisme..

Partie II : Pour un système éducatif résilient

Tout système éducatif est le reflet de la société dont il est issu. Toute bifurcation du modèle sociétal doit être pensée et accompagnée par une refonte du système éducatif.

 

 

Pour mener une transition écologique et sociale de notre société, nous devons disposer d’une population qualifiée disposant de savoirs et compétences adéquats. En effet, comment produire de l’hydrolien sans personnel qualifié ? En somme, comment mener une politique ambitieuse nécessitant des prouesses techniques sans s’en donner les moyens ?  

Le savoir fait aujourd’hui l’objet d’appropriations. Il est une marchandise qui s’échange et se monnaille comme une autre au détriment de l’intérêt général. Dans l’enseignement supérieur en France, cette marchandisation du savoir s’illustre notamment à travers le développement des grandes écoles ou universités privées, prépa privée et la privatisation galopante de la recherche scientifique. En fermant les portes du savoir au grand nombre, il est inévitable que nous assisterons à un appauvrissement global de la qualité des connaissances échangées. En effet, plus la connaissance est partagée plus elle peut être perfectionnée.

Le service public se retrouve à fonctionner dans des conditions précaires (locaux délabrés, enseignants sous-payés, surcharge des capacités d’accueil….), incitant les plus aisés à se tourner vers un enseignement privé coûteux. 

L’éducation est un investissement pour l’avenir, il permet à la société de se dépasser de générations en générations, dans une perspective de développement sur le long terme (protection contre le chômage, diminution du taux de criminalité…). En ce sens, il est impératif que le service public de l’éducation puisse bénéficier PRIORITAIREMENT de crédits suffisant pour assurer son fonctionnement optimal.

 

L’accroissement démographique et l’augmentation du nombre de bachelier·e·s souhaitant poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur est d’intérêt général, car elle permet la hausse du niveau de qualification de la population.

Au-delà, avec le développement de la formation permanente, l’enseignement doit s’adapter et proposer des cursus et aménagement facilitant cette poursuite/reprise d’étude tout au long de la vie.

Néanmoins, cette démocratisation doit se faire dans de bonnes conditions. Il est nécessaire que les fluctuations de la population universitaire soient accompagnées et anticipées.

La gouvernance des universités publiques ne doit pas échaper au service public au profit d’acteurs intéressés par leur seul profit. Dans la même logique, l’Etat ne doit pas se désengager de ses universités, et agir pour bannir l’apparition d’universités à plusieurs vitesses. Privilégier la réduction des coûts et la participation des financements publics dans les budgets à la qualité et l’universalité de l’enseignement supérieur est une erreur abjecte. L’autonomisation des universités tout comme la mise en compétition toujours plus accrue des projets de recherche, dans une quête de profits immédiats, est une vision court-termiste qui dessert une recherche libre et pensée au service de l’intérêt général.

Nous assistons à un processus global de réduction du droit à l’éducation et à une volonté de mise en concurrence entre les étudiant-e-s. Si cette sélection mise en oeuvre par la loi ORE et la sélection en master I est défendue par certain-e-s dans une logique de mérite et d’investissement personnel, la réalité est toute autre. D’une part, les inégalités face aux parcours d’aprentissage ne sont pas prise en compte, d’autre part, les capacités d’accueil dans les diplômes sont réduites à l’heure d’une augmentation générale du nombre d’étudiant-e-s, laissant sur la touche de nombreux jeunes désireux d’apprendre et d’obtenir des débouchés. Au-delà, il nous apparaît que la perspective d’une mise en concurrence des étudiant·e·s entre eux et elles ne mènent pas à davantage d’efficacité, de réussite des parcours scolaires ni de réussite en termes d’orientation. Il apparrait que la contrainte de la sélection est avant tout aujourd’hui imposée par « des contraintes budgétaires ».

Les étudiants sont largement touchés par la précarité voire l’extrême précarité. Cette situation inacceptable pousse plus d’un tiers des étudiant-e-s à choisir entre une survie matérielle et la réussite universitaire, combinant souvent plusieurs emplois. L’accroissement des inégalités entre étudiants et du taux d’échec scolaire doit être combattu par la mise en place d’aides étudiantes largement revalorisées, ainsi que par un dispositif d’accompagnement social personnalisé digne de ce nom.

Afin de démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur (cf. 4) et de permettre la hausse du niveau de qualification de la population (cf 1), il apparaît nécessaire de revoir nos méthodes d’enseignement.

En effet, le modèle des cours magistraux indigestes et favorisant « le bachotage » au détriment de l’acquisition de compétences doit être écarté au profit de travaux pratiques en petits groupes. 

La transdisciplinarité doit être mise en avant avec un accompagnement personnalisé des parcours, la segmentation des matières étudiées menant à une mauvaise comréhension globale des notions à maitriser.. 

Au delà, il doit être mis en avant la nécessité de s’approprier les outils numériques à des fins pédagogiques pour permettre une diffusion du savoir à plus grande échelle.

Notre système éducatif est aujourd’hui sujet à de nombreuses pressions issues des acteurs économiques privés. On voit apparaître des formations universitaires financées par des entreprises, avec leurs intérêts particuliers. Cette démarche est bien souvent entreprise sous le préte xte d’ouvrir l’enseignement au monde du travail et aux enjeux contemporains de notre société. 

Si l’école de la république doit prendre en compte et répondre aux enjeux de notre ère (transition énergétique, révolution du numérique…) elle ne peut en aucun cas être soumise à des intérêts privés. 

Autrement, l’Etat, motivé par l’intérêt général, se doit d’opérer une planification éducative, proactive, afin de répondre aux bouleversements qui nous attendent (adaptation des programmes, développement de nouvelles formations…)

Au regard de l’importance de ces synergies et dynamiques locales, il nécessaire de leur apporter une véritable attention, un financement et un accompagnement pour les soutenir dans leurs démarches. C’est par ailleurs une opportunité pour refondre la démocratie étudiante et la doter de d’avantage de visibilité et d’importance, et permettre ainsi une re-politisation progressive des étudiant-e-s.

Les campus sont des lieux de vie et d’apprentissage. En conséquence, leurs infrastructures doivent être adaptées prioritairement, dans le cadre de la planification écologique, car elles permettront aux générations futures d’adapter leurs réflexes et comportements.

Cette transformation passe notamment par : 

  • L’alimentation doit être revue pour tendre vers une proposition végétalienne à tous les repas, tant dans les restaurants universitaires que dans les cafétarias.
  • Le logement étudiant devra se doter de Bâtiment Basse Consommation pour tous les étudiants et permettre la mutualisation de certains espaces et objets. 

 

  • Les campus doivent tendre à devenir des campus à énergie positive. Pour cela il est impératif qu’ils établissent un bilan carbone tous les ans.

 

  • La question de la mobilité doit être envisagée afin de permettre à tout les personnels et étudiants d’accéder aux campus de manière éco-responsable. 

 

  • L’urbanisme en matière d’enseignement est capital : étudier dans des lieux visuellement beaux et conçus pour un enseignement plus proche des étudiants.


Les campus doivent être des sanctuaires de la biodiversité. En effet, le béton des bâtiments les cours dans les préfabriqués ne permettent pas de garantir un lien essentiel avec la nature.

Acteurs du changement
Acteurs du changement

Mobilisé-e-s avec les organisateurs des marches climat, nous appelons à la mobilisation les 13 et 14 mars prochains.