Chroniques de crise(s) #1

"Chroniques de crise(s)" est une série d'articles et de brèves écrite par des membres du mouvement étudiant Résilience autour du sujet de la résilience individuelle et collective face aux crises que nous rencontrons dans notre société. Nous aborderons les sujets des crises de santé publique, crises économiques, crises écologiques, crises sociales ainsi que de la notion de résilience en elle-même.

Dans des récentes publications, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et Airparif ont publié des données montrant une importante chute de la pollution de l’air, après une diminution historique du trafic routier, liée au confinement de la pandémie du COVID-19. Cette corrélation questionne sur l’idée de recourir à des mesures radicales pour lutter contre la dégradation de notre environnement.

Dans des récentes publications, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et Airparif ont publié des données montrant une importante chute de la pollution de l’air, après une diminution historique du trafic routier, liée au confinement de la pandémie du COVID-19. Cette corrélation questionne sur l’idée de recourir à des mesures radicales pour lutter contre la dégradation de notre environnement. 

Depuis le début du confinement, certains ont pu le constater, le ciel des agglomérations a été expurgé de son habituel voilage trouble. Outre le fait, que cet épisode nous permet de redécouvrir notre propre monde, ce constat pointe du doigt les conséquences du trafic routier sur notre environnement. Ainsi, à l’échelle de Paris, Airparif annonce une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20% à 30% sur la période du 16 au 20 mars, des chiffres confirmés par l’ESA qui indiquent quant à eux une forte diminution du dioxyde d’azote sur les grandes capitales européennes (Paris, Rome et Madrid). 

Pour autant, cette forte diminution n’aura que très peu de résultats à long terme. Rappelons-le, la pollution de l’air fait 68 000 morts chaque année en France. En effet, la pollution de l’air favorise les maladies cardiovasculaires (attaque cérébrale et cardiaque), les maladies respiratoires et les cancers. A l’heure où le confinement de la population permet d’éviter des milliers -si ce n’est des millions- de morts liés au coronavirus, il est difficile d’entendre qu’un niveau similaire de mesures préventives soit “superflu” en ce qui concerne la gestion de la crise environnementale à venir.

Pour l’heure, s’il est difficile de quantifier le nombre de décès qui seront évités par la diminution de la pollution de l’air, il existe néanmoins quelques indicateurs. On peut notamment se baser sur les recherches du programme d’Erpus. Lorsque la concentration de dioxyde d’azote augmente de 10 µg/m³, on observe une augmentation de 0,9% du nombre initial de décès lié à la pollution de l’air. Toutefois et il faut le rappeler, cet épisode de diminution de la pollution n’est que provisoire. 

Il y a fort à parier, en particulier dans un contexte de relance économique, que les activités économiques non exécutées jusqu’alors le seront en report une fois les restrictions levées (à l’exception des trajets domicile – travail). Le dispositif de confinement neutralise principalement les trafics routiers et aériens qui représentent 30% de la pollution de l’air, mais sans avoir d’importantes conséquences sur les émissions résidentielles et tertiaires (22%) ou énergétiques (14%).

La mission qui incombe aux défenseurs de l’environnement est difficile : continuer à convaincre en période de confinement, et tenter de raisonner les esprits sur les déboires de la consommation de masse à la sortie d’une période d’intenses restrictions.

Avec les conséquences économiques à venir, la crise du coronavirus représente une opportunité unique d’entamer une transition sociale et environnementale, avec un contexte favorisant une prise de conscience généralisée si la bonne stratégie est adaptée. Il conviendrait alors de profiter des moyens exceptionnels qui seront débloqués par le plan de relance économique afin de les orienter vers des initiatives sociales, solidaires, éco-responsables et résilientes.

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